Cela fait maintenant plus de dix ans que Chantal Bonnard est l’une des quatre associés de Soulez Larivière & Associés. Elle y a apporté sa science et son savoir-faire. Mais pas seulement...
« Ce qui me motive, dit-elle, c’est d’agir pour que les choses aient un sens. J’aimerais que la Justice ne fasse pas n’importe quoi. Sous ce regard, je me sens une auxiliaire de la Justice, c’est-à-dire d’une institution qui devrait fonctionner correctement et qui ne fonctionne pas correctement. Car on a absolument besoin de cette Justice...
- En quoi ne marche-t-elle pas ?
- Pour plein de raisons, que Daniel a décrites en détail dans ses livres. C’est une institution très attardée, vétuste en moyens mais aussi en réflexion, héritière d’une tradition répressive, policière... Je ne peux qu’effleurer la question ici, mais la Justice devrait être capable de s’adapter à des situations qui jamais ne se résument au noir et blanc, ce qui suppose de l’écoute et de la souplesse, au lieu de cette lourdeur que l’on constate sans cesse. On doit réaliser, par exemple, que le pénal est fait pour réprimer les situations crapuleuses, pas pour réprimer des accidents. Il faut inventer une nouvelle justice pour ce type de problématique, puisqu’on ne tolère plus les accidents. Il n’y a plus d’accidents, ce n’est plus possible, même le terme devrait être revu, ce qui voudrait donc dire revoir la Justice, puisque la société évolue.
- Vous vous retrouvez ainsi dans l’obligation de penser la société...
- Toujours, et c’est ça qui est intéressant. On ne peut se contenter de réciter des articles de loi - ce que d’ailleurs nous ne faisons pas. Nous devons comprendre la façon dont chaque texte s’adapte ou non à une situation juridique donnée. Car ces situations changent en permanence, et bien plus vite que les lois. Ça n’arrête pas de bouger, et c’est passionnant. »
Chantal Bonnard
Quelques premiers procès marquants
À l’école de la rigueur
« Pour que les choses aient un sens »
Tous les articles de
Chantal Bonnard
sur le site:
- 6 raisons d’être contre la « rétention de sûreté »
- Le spectacle judiciaire de la santé publique
- Préjudice écologique : qui est en droit de s’approprier la nature ?
- « Six ans auprès d’un avocat aux conseils »
| < page précédente |