Chantal Bonnard cite la première demande en révision du procès Mis et Thiénot comme le dossier qui l’a marquée au sein de la SCP Lyon-Caen Fabiani-Liard/Thiriez. Elle s’en occupait avec Liard, qui faisait du pénal : « Condamnés à 15 ans de travaux forcés pour le meurtre d’un garde-chasse le 31 décembre 1946 à Saint-Michel-en-Brienne (Indre), ils n’ont cessé de clamer leur innocence et ont bénéficié d’une grâce présidentielle en 1954. Il avait été fait en sorte que les deux présumés coupables, Mis et Thiénot, avouent. Là, j’ai été confrontée pour la première fois au problème des aveux en droit pénal. »
L’affaire Carrefour du Développement a été un autre moment important, suivie d’autres dossiers tout aussi difficiles et tous différents les uns des autres lors de ses années de collaboratrice chez Soulez Larivière.
« En 1992, la tribune du stade de Furiani en Corse s’effondre. La directrice de la société qui n’avait en charge que le contrôle des sols du stade de football et dont le responsable d’agence avait été mis en prison, appelle le cabinet. Elle cherche un avocat, et tombe sur moi, car Daniel est alors en Chine. Et voilà, en tant qu’avocate de cette société, que je passe pendant plus de six mois deux ou trois jours par semaine en Corse. »
« Ensuite, il y a eu d’autres grosses affaires, à la fois très différentes et toutes passionnantes. L’histoire de l’incendie des thermes de Barbotan a été une forte expérience. Nous défendions le maire de Barbotan, accusé de négligence alors même qu’il n’avait aucun pouvoir sur ces thermes privées qui appartenaient à un groupe financier puissant. Il a été condamné symboliquement, en se demandant bien pourquoi. Le procès a été humainement très dur, car ce maire était un personnage épatant, d’une morale exemplaire, dans la tradition jacobine et très française du service public. Puis nous avons défendu des hommes politiques comme Michel Noir à Lyon, dans l’affaire Botton - du nom de son gendre. »
« Parmi les sujet majeurs de Soulez Larivière & Associés, il y a eu également l’affaire du Sang contaminé, la première de cette dimension en matière de santé, qui a tout de même duré de 1992 à 2003 ! J’y défendais un médecin, qui a été directeur médical et scientifique au CNTS (Centre national de Transfusion sanguine), et qui avait écrit dans le cadre d’une société savante un rapport anticipant le danger que pourrait faire courir le virus du Sida en matière de transfusion et de collecte du sang. L’histoire s’est close par un non-lieu, mais l’homme a été littéralement cassé... Il y a beaucoup à dire sur cette affaire, j’y reviendrai dans un article. »
Chantal Bonnard
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Chantal Bonnard
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