Vers l’âge de 16 ans, Daniel Soulez Larivière bénéficie d’une bourse pour terminer ses études secondaires aux Etats-Unis. Il tirera de ce séjour une connaissance du monde anglo-saxon, qui lui sera très utile au moment de l’affaire du Rainbow Warrior... Revenu en France, il devient diplômé d’Etudes supérieures de droit public et de l’Institut d’études politiques de Paris.
En 1966, il est le plus jeune collaborateur du cabinet d’Edgard Pisani, ministre de l’Equipement et du Logement et l’un des principaux ministres du Général De Gaulle. Lorsque celui-ci se retire de la politique, le jeune avocat en fait de même et décide de se consacrer entièrement au Barreau, où il est inscrit depuis 1965. Est-ce ou non anecdotique ?, il est élu en 1969 deuxième secrétaire de la Conférence du Stage, institution fort réputée d’avocats dont l’objet est depuis le 19ème siècle d’être une véritable école de l’éloquence.
Un certain nombre de commissions d’office notoires marquent les premières années du cabinet. Hasard : beaucoup d’entre elles sont les grandes affaires d’espionnage de la décennie 1970.
L’affaire Eugène Rousseau est la première d’entre elles. « Ce sous-officier du SDECE sans histoire, se souvient-il, est condamné en 1970 à quinze ans de prison par la défunte Cour de Sûreté de l’État. On ne se souvient plus de ce que c’était : des procès à huis clos, avec une présentation des armes par les gendarmes dès que la Cour entrait... Comme Gilles Perrault, qui, sur ma suggestion, en a conçu un livre, "L’Erreur", j’étais convaincu de l’innocence de ce brave homme, pris dans un engrenage qui le dépassait complètement. Je me suis dit : "si je n’arrive pas à sortir cet homme-là de prison, je n’ai rien à faire dans la profession d’avocat ; mais si, au contraire, j’y arrive, alors mon activité aura du sens, et je pourrai en faire mon métier. Gilles Perrault et moi avons organisé une campagne nationale de soutien à cet innocent, avec de grands personnages, des compagnons de la Libération comme le colonel Rémy, le colonel Passy ou le général Billotte, et Rousseau a été libéré. »
Il plaide aussi pour le fils d’une héroïne de l’Orchestre Rouge (réseau de renseignement soviétique pendant la deuxieme guerre), Hans Volkner (sur lequel Gilles Perrault a écrit le best seller qui l’a révélé ), et le chef de l’Orchestre Rouge, Léopold Trepper, dans le procès que celui-ci avait intenté au directeur de la DST pour l’avoir accusé de trahison : une campagne internationale, là encore, lui permet de le faire rentrer de Pologne fin 1973.
L’avocat s’occupe également de l’affaire de la Garantie foncière, le plus grand scandale immobilier et financier des années 70, qui avait drainé alors plusieurs milliers de personnes dans la rue contre le pouvoir politique : « J’étais... l’avocat de l’avocat de la Garantie foncière, qui était détenu, et que j’ai fait sortir de détention. »
Cette entrée de Daniel Soulez Larivière dans la profession avec un certain nombre d’affaires notoires l’a tout de suite fait apparaître comme « quelqu’un qui s’occupe d’affaires connues ». Mais, précise-t-il, « ce n’est pas pour autant que ces affaires connues permettent d’avoir une activité économique. Et donc, pendant quinze ans, j’ai fait beaucoup de droit de la construction. Je travaillais avec un conseiller juridique, qui était d’une tout autre génération, avec trente-cinq ans de plus que moi et à l’époque "pape" du droit immobilier. On s’est occupé ensemble de tres nombreux contentieux de construction dans la France entière, d’un certain nombre de promoteurs qui faisaient des choses remarquables... Je me suis occupé du Corbier, ou des residences "Jardin d’Arcadie". En résumé, pendant quinze ans, j’ai eu une activité technique complètement inconnue... et une activité médiatique assez connue. »
Daniel Soulez Larivière
1ère époque : un homme et quelques affaires médiatiques
2e époque : la charnière de « L’Avocature » et du Rainbow Warrior
3e époque : un cabinet de quatre associés
Quelques organisations dans lesquelles le cabinet ou
Daniel Soulez Larivière
sont investis :
- Institut pour la Maîtrise des Risques
- American Bar Association
- Barreau Pénal International Criminal Bar
Pour en savoir plus sur
Daniel Soulez Larivière :
- Un chat avec Daniel Soulez Larivière sur le site du Monde, à propos de la politique judiciaire du gouvernement
- Autour du livre de Daniel Soulez Larivière et Carole Eliacheff, « Le temps des victimes » (Albin Michel, 2007)
- La conférence du Stage du Barreau de Paris
Tous les articles de
Daniel Soulez Larivière
sur le site:
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