À partir de 1988, et en moins de quatre ans, sont engagés Simon Foreman puis Chantal Bonnard et Mauricia Courrégé. Et c’est tout naturellement qu’ils deviennent ses associés, en 1993 pour le premier, en 1998 pour les deux avocates.
« Ce recrutement a très bien fonctionné , affirme Daniel Soulez Larivière. Il nous a permis, juste au moment où mon cabinet prenait de l’ampleur, de déployer avec succès notre activité dans le secteur de l’aviation, dans celui des grandes crises et catastrophes, dans le droit pénal des affaires ainsi que dans tous les secteurs qui sont aujourd’hui ceux dans lesquels nous sommes considérés comme ayant une expertise forte. J’ai vraiment rencontré la bonne équipe au bon moment... »
Exemple parmi d’autres : le droit aérien. C’est au début des années 1980 que Daniel Soulez Larivière est devenu l’avocat de la Direction générale de l’Aviation civile. Dès son arrivée, Simon Foreman l’accompagnera sur ces dossiers, avant de devenir à son tour l’un des experts les plus reconnus sur le sujet, comme maintenant Mauricia Courrégé.
À l’instar de l’effondrement d’un terminal des Aéroports de Paris ou des crashes d’Habsheim, du mont Sainte-Odile ou du Concorde à Gonesse pour rester dans l’aérien, le cabinet a été très engagé depuis une quinzaine d’années dans un grand nombre d’affaires sensibles. Daniel Soulez Larivière refuse néanmoins que cette expertise reconnue à son cabinet ne confine ses membres au traitement exclusif de « situations de crise ».
L’assimilation fréquente par l’opinion du caractère critique d’une affaire et de sa notoriété lui semble fallacieuse : « Une crise peut être notoire, ce peut être l’effondrement de la tribune de Furiani, ce peut être le Rainbow Warrior, ce peut être le naufrage de l’Erika... Mais une crise peut aussi être quelque chose de peu connu, générant de très grands dangers, par exemple pour une entreprise, donnant lieu à une procédure au civil ou au commercial sans que personne n’en parle. Heureusement, la notoriété n’est pas toujours la compagne des affaires critiques, et, heureusement là encore, notre cabinet ne traite pas que d’affaires critiques pour ses clients ! En revanche, cette compétence acquise par l’ensemble de notre équipe sur des affaires très sensibles nous aide à traiter bien des affaires ni critiques ni notoires... »
Daniel Soulez Larivière, quoi qu’il en soit de son quotidien d’avocat, est aujourd’hui un personnage public, et pas seulement à Chambellay dans le Maine et Loire où il fut douze ans conseiller municipal. Chevalier de la Légion d’honneur et de l’Ordre national du Mérite, il a par exemple été membre du comité consultatif pour la révision de la Constitution en 1992-1993, et de la commission de réflexion sur le statut pénal du président de la République en 2002-2003. Il est aujourd’hui l’auteur ou le co-auteur de plus de dix livres. Parmi ceux-ci, citons ses deux derniers : « La justice à l’épreuve » (Odile Jacob, 2002) avec Jean-Marie Coulon (à l’époque Premier président de la cour d’appel de Paris) et « Le temps des victimes » (Albin Michel, 2007) avec Caroline Eliacheff (psychanalyste).
Comme il l’écrivait en 1982 dans « L’Avocature », l’avocat peut être considéré comme « un agent de l’ordre public, car c’est lui, en défendant à fond le justiciable, qui permet au système d’être accepté parce que chacun a compris que sa cause avait été parfaitement expliquée. » À l’époque, pour appuyer ce propos quelque peu provocateur, il avait enquêté sur l’affaire Gary Gilmore aux Etats-Unis, du nom de cet homme qui, condamné à mort, avait embauché des avocats pour se faire fusiller et connaître enfin cette « heure de gloire » dont il avait été frustré lors de son procès (Cette affaire a malheureusement remis en marche la peine de mort aux Etats-Unis.).
Aujourd’hui, au sein du cabinet Soulez Larivière & Associés, ils sont cinq associés et cinq collaborateurs depuis janvier 2011 à être totalement convaincus de cette vérité universelle de la défense. Que les situations traitées soient critiques ou non, le cabinet n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais comme « une grande surface du droit ». Quelle que soit la météo de leurs discussions, les associés et leurs collaborateurs forment une équipe d’artisans voire d’orfèvres... en phase avec les convictions qui motivaient le fondateur du cabinet il y a maintenant presque quarante ans.
Daniel Soulez Larivière
1ère époque : un homme et quelques affaires médiatiques
2e époque : la charnière de « L’Avocature » et du Rainbow Warrior
3e époque : un cabinet de quatre puis de cinq associés
Tous les articles de
Daniel Soulez Larivière
sur le site:
- 1988-2009 : 22 ans de prises de position dans la presse
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- Pourquoi le juge d’instruction doit disparaître
- Une tribune de fin 2008 : Vie et mort du juge d’instruction
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- « Affaire "Erika" : Total victime d’un malentendu »
- « Comprendre ou juger ? »
- « Dramatique face-à-face entre tueurs en série et victimes »
- « La magistrature et le complexe d’Adam »
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