Il y a, bien sûr, dans le travail de l’avocat une essentielle part de technique, de maîtrise du droit pour mieux résoudre les questions que pose une affaire. L’expérience accumulée, l’expertise, jouent également un rôle majeur dans la mise en œuvre d’une défense, la réussite d’une plaidoirie et dans l’issue d’un procès.
Réduire le rôle de l’avocat à cette indispensable part de maîtrise technique serait en revanche, pour Mauricia Courrégé, une erreur. Si c’est avant tout le goût du droit, le plaisir de cette manipulation des concepts qui l’ont attirée dans ce métier, celui-ci suppose cependant pour elle une forte implication auprès des gens, une prise directe avec le réel dans toutes ses dimensions.
Si l’on demande à Mauricia Courrégé quelles sont les affaires qui l’ont le plus marquée, elle ne cite pas, comme on pourrait s’y attendre, celles qui ont eu le plus de retentissement : « Ce qui m’a le plus frappée, c’est que des affaires qui pourraient a priori sembler insignifiantes sont aussi ancrées dans le réel et aussi importantes pour les personnes impliquées. Dans les grosses affaires, tout le monde voit assez bien les enjeux, du moins apparents. Les gens ne réalisent pas à quel point les enjeux sont aussi impliquants dans les petites affaires. Lors du règlement d’une succession par exemple, le client croit vous parler des petites cuillers de l’aïeul ou de deux pauvres mètres carrés de placard au fond d’un réduit obscur, mais c’est en réalité d’un rapport douloureux avec son entourage ou avec ses parents qu’ il vous parle, et si vous n’en tenez pas compte, vous n’arrivez à rien de bon. On ne fait pas que de la technique. »
Mauricia Courrégé
« Ce n’est pas que de la technique, bien au contraire »
De Sciences Po à aujourd’hui : quelques clés d’un parcours
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