Le cabinet Soulez Larivière Avocats est intervenu devant le Tribunal correctionnel de Strasbourg, en défense d’une personne morale poursuivie pour des faits de recours aux services d’une personne exerçant un travail dissimulé.
Il était reproché à la société, spécialisée dans le secteur des télécommunications, d’avoir sous-traité une partie de ses activités à une entreprise qui avait mis en place un système de fraude au statut d’auto-entrepreneur.
Une enquête était ouverte, à l’issue de laquelle la société était renvoyée devant le Tribunal correctionnel de Strasbourg, en qualité de prévenue.
L’analyse du dossier de l’enquête préliminaire par les avocats du cabinet a cependant permis de déceler de nombreuses irrégularités.
Deux versions du dossier pénal étaient en effet numérisées successivement. Or, la numérotation des procès-verbaux et leur nombre différait dans les deux versions de la procédure. Par ailleurs, certains procès-verbaux, a priori identiques, avaient en réalité été modifiés dans la seconde version du dossier pénal.
Dans ces conditions, et avant toute défense au fond, le cabinet Soulez Larivière Avocats avait pris des conclusions de nullité aux termes desquelles il était soutenu d’une part que les procès-verbaux établis au cours de l’enquête préliminaire étaient dénués de toute valeur probante, et d’autre part que le dossier pénal auquel la défense avait eu accès rendait impossible l’exercice effectif des droits de la défense, en violation des exigences relatives à la nécessité d’un procès équitable.
En conséquence, la défense sollicitait l’annulation de l’intégralité de la procédure et la relaxe de la société poursuivie.
À l’audience, le représentant du ministère public s’était opposé à l’annulation de la procédure.
Néanmoins, le Tribunal correctionnel de Strasbourg a jugé que l’existence de multiples procès-verbaux modifiés au sein de la procédure retirait à cette dernière tout caractère de fiabilité et de loyauté ; et qu’un jugement fondé sur une telle procédure porterait une atteinte grave au droit à un procès équitable.
Au visa de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme, le Tribunal a ainsi prononcé la nullité de l’intégralité de la procédure et a relaxé l’ensemble des parties poursuivies.