Une grande société pétrolière ayant construit un pipeline de la mer d’Oman à la Thaïlande a été accusée par une association de défense des droits de l’Homme de travail forcé et en droit français, de séquestration, ce qui a motivé le dépôt d’une plainte et une mise en examen du directeur des installations locales.
Il revenait par contrat à la Birmanie (le Myanmar) d’assumer un certain nombre travaux pour permettre l’installation du pipeline et son exploitation. L’armée administrant essentiellement le pays, réquisitionnait des paysans pour faire le travail dont elle était chargée mais sans les payer, selon un système de corvée comme sous l’Ancien régime.
La découverte de cette situation a donné lieu à une indemnisation spontanée par la société, un guichet étant ouvert pour tous les travailleurs locaux qui n’avaient pas été payés. D’autres travailleurs se sont manifestés ensuite via l’action judiciaire en France, initiée par l’association SHERPA. Un accord a été passé entre SHERPA et la société pétrolière, avec l’assentiment du juge d’instruction. Un fonds de solidarité a été créé, de 5,5 millions d’Euros, afin de rechercher toutes les personnes ayant pu être employées sur le chantier sans être payées, de soutenir le HCR à court de ressources pour ses programmes locaux et de promouvoir des actions en faveur des réfugiés. Un programme a été mis en place avec l’aide d’associations locales et notamment l’épiscopat thaïlandais. Le juge d’instruction a rendu un non-lieu.
Ce fond a été épuisé fin 2018 à la satisfaction générale. 480 personnes avaient été retrouvées et indemnisées et des programmes lancés qui ont pour la plupart abouti à des résultats positifs pour les populations réfugiées le long de la frontière Myanmar-Thaïlande. Ce fut encore un résultat positif du traitement d’une affaire judiciaire avec une sortie négociée.